Cuba: le pays du cigare.

Pour rejoindre la région du tabac, à l’est de l’île et assez loin de la capitale, il faut traverser la magnifique vallée de Viñales avec ses éperons rocheux recouverts d’une intense végétation. Le paysage se fait, ici, délicieusement bucolique. Des collines sont doucement séparées les unes des autres comme des mottes de terre herbacée éparpillées sur un pré.

Plus loin commence le pays de l’herbe précieuse. Sur le bord de la route, une charrette tirée par deux bœufs transporte des feuilles de tabac. Notre guide consent à s’arrêter à condition de ne pas parler à l’homme qui marche au pas. Alors on continue notre chemin. Nous aurait-il répondu de toute façon ?

Nous entrons dans une fabrique. Des femmes trop jeunes ou trop vieilles roulent le tabac en esquissant un sourire à notre passage. Des surveillants au regard bienveillant nous observent poliment. Même si la visite de l’atelier est canalisée, on se rend bien compte du processus de fabrication. Je fume, je tousse, normal.

   Le cigare cubain a gagné sa notoriété. La variété des plants, le sol, le climat, le savoir-faire dans la culture et la confection à la main du cigare lui apportent des arômes différents et presque inégalés au monde. Il n’y a pas d’assemblage de feuilles provenant d’ailleurs.

Mais cette notoriété vient aussi du contexte géopolitique du pays et des célébrités américaines du début du XXe siècle ou révolutionnaires largement photographiées le cigare en bouche. Fumer un cigare Habano et boire un rhum Havana Club a été (ou est encore) un must très chic pour les connaisseurs.

La préparation des champs se fait pendant l’été. On sème en septembre et on repique les plants en novembre. Pendant l’hiver, on récolte, toujours à la main, feuille par feuille. On laisse sécher jusqu’en avril. Puis vient l’étape cruciale, le vieillissement, lequel varie en fonction de la destination et de l’origine des feuilles. Enfin il est conditionné en ateliers.

   Le rhum cubain, de tradition hispanique, est issu de la mélasse (sous-produits fermentés). Il est plus léger que celui des Antilles françaises ou anglaises et se consomme plus volontiers dans les cocktails. Quoique !

55 millions environ de litres sont produits par an à Cuba.

   Que ce soit pour le cigare ou le rhum, la concurrence antillaise et latino-américaine est importante.

Mes inévitables : La Havane ( le front de mer, la cathédrale, l’ambiance), Trinidad (ci-dessous. 1996)

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