Sur le bateau qui venait de quitter le quai, l’air devint plus frais. À bâbord, des brumes printanières dessinaient de folles arabesques au sommet des gratte-ciel du centre des affaires. À tribord, des collines assez lointaines, dénudées, souriaient au soleil de l’après-midi. Des oiseaux s’affairaient dans les vaguelettes que la marée montante offrait au large fleuve.
Un mirage apparut soudain. Un mirage comme une silhouette barrant le fleuve, rouge-orange sous le soleil, incolore lorsque soudain le ciel se couvrait. Et plus on approchait, plus sa majesté devenait réelle et moins virtuelle. Le pont le plus célèbre des États-Unis, peut-être du monde, était maintenant là devant moi : le Golden Gate de San Francisco. Riant sous le ciel dégagé, pleurant d’une mélancolie froide sous le ciel blanc. Avec la marée, le ciel s’était couvert et l’horizon marin s’était enfui dans le silence. Ainsi sa couleur variait et sa silhouette devenait tour à tour tranquille ou mystérieuse suivant les variations.
J’ai des souvenirs de villes comme d’autres ont des souvenirs d’amour.
San Francisco, exception américaine, en fait partie. Avec un paysage urbain fait de creux et de bosses où les grosses voitures dandinantes s’aventurent avec prudence, disparaissent et rebondissent sur une crête voisine, San Francisco est une ville attachante, douillette comme un nid dans une lumière franche.
Les cable cars, où l’on s’agrippe et où l’on monte comme on y descend par un bond qui se doit d’être parfois agile, grimpent ou dévalent, en brinquebalant, les rues où il joue les casse-cous en plongeant vers le port. Des maisons couleur pastel entourées de jardins roses et verts bordent les rues qui cascadent parfois en lacets à épingle à cheveux comme la célèbre rue Lombard.
Incontournable. Un idéal duo de voyage facile à organiser : SFO couplé avec Las Vegas. Vols internationaux directs et vol domestique. 3+4 nuits sur place.

