La Crète, les oliviers et l’ouzo.

De pittoresques villages sont perdus dans les collines tandis que d’autres s’étirent le long des côtes comme des havres de vie dans un environnement de rocailles et de terres assoiffées où les chèvres en liberté broutent l’herbe rase au pied des vieux oliviers dont la houle conduit notre regard vers des crêtes pelées.

Des senteurs de sauge, de romarin et d’origan, fluides entre les maisons éparses, parvenaient jusqu’à moi par la fenêtre ouverte de ma voiture. Le soleil brillait dans un ciel d’une implacable luminosité, découpant les volumes, en laissant peu de place aux demi-teintes. Çà et là, sur le bord de la route, des petits monuments funéraires en forme de chapelle à dôme rappellent sans cesse au voyageur les présences immortelles. Posés sur un socle à hauteur d’homme, ils sont fleuris et jalonnent les routes comme les maillons d’un parcours fléché de quête spirituelle. Sont-ils là en mémoire d’un disparu ?

Ayos Nikolaos – Saint-Nicolas – est l’un de ces villages où les quais sont bordés de tavernes sympathiques faisant face aux bateaux qui se balancent au vent. L’ambiance est chaleureuse : des odeurs de moussaka ! Des envies de tzatzíki !

D’autres villages ont des volées d’escaliers qui s’échappent de l’animation du port et s’achèvent au pied de la garrigue où fleure bon l’ivresse méditerranéenne.

Sur les places, des femmes sémillantes habillées pourtant de noir regardent les gens passer depuis dix ans, cent ans, depuis toujours sans doute, en palabrant, tandis que le soir, les hommes s’attablent pour boire l’ouzo comme les Marseillais le pastis. Leurs mots s’échappent dans mon mystère, celui de l’incompréhension.

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