Des cités impériales aux sables du désert

Dans le jardin marocain, il y a quatre fleurs, plus éblouissantes que les asphodèles, plus mystérieuses que les roses des tamaris : ce sont les quatre cités impériales qui distillent leurs sortilèges pour mieux nous envoûter.

Dans le désert marocain, il y a aussi les villages fortifiés – les Ksour – qui émergent de la terre crue et protègent les oasis ; enfin les dessins aériens des dunes oranges.

Ce pays de l’extrême couchant est un prélude oriental.

Le marchand d’eau, vêtu d’un costume chamarré rouge vif, faisait tinter sa clochette de bronze. Je déambulai dans l’incroyable fourmilière de la médina, comme aspiré par les turbulences et la bousculade de la ruelle lorsque, me retournant, je le vis derrière moi. Sa guirlande de cuivre en bandoulière étincelait dans la lumière franche du matin. Vite, il disparut dans la foule affairée. Comment le retrouver ? La médina est un terrible écheveau de rues étroites et d’impasses où le voyageur peut se perdre sans le chercher. Elle juxtapose des quartiers qui sont autant de petites entités agglutinées comme un véritable dédale où même Ariane aurait eu du mal à dérouler son fil. Sans mon guide je n’aurais pu m’y aventurer ; avec lui je fis d’intéressantes découvertes.

Je suivais donc mon guide dans les souks de Fès parmi les étals aux cent couleurs et la rumeur aux mille cris. Et chacun avançait d’un pas de voyageur, de commerçant, de livreur ; d’un pas se faufilant, bousculant, s’attardant devant un artisan en pleine création ou s’écartant au passage d’une charrette tirée par un âne. Dans le souk, les rayons du soleil tamisés par des claies de roseau nous apportèrent un peu de fraîcheur.


Mais quittant ce flot qui repoussait sans cesse la limite de l’inconnu, on s’arrêta pour visiter le fondouk El-Nejjarine, impressionnant caravansérail qui s’ouvre sur une place paisible derrière une fontaine revêtue de mosaïques et coiffée d’un toit aux tuiles vertes et vernissées ; ensuite la medersa Bou Inania dont la façade est remarquablement décorée de zelliges, plâtre et bois.

L’art musulman qui a horreur du vide impose le règne absolu de la géométrie. Les entrelacs végétaux, les arabesques et la calligraphie composent ici un décor raffiné qui se décline à l’infini.

On retrouva le flot des gens. Petit à petit, de fortes odeurs parvinrent jusqu’à nous. On approchait du quartier des tanneurs.

Le guide me conduisit, un sourire aux lèvres qui en disait long, sur une terrasse. L’odeur devint pestilentielle, mais le spectacle de ces hommes qui, jambes nues, foulent les peaux dans les cuves séculaires pour les transformer en cuir est d’un pittoresque sans égal.

Information : Le Maroc peut se visiter en individuel avec une voiture de location. On définit soi-même son parcours et son hébergement.

Les tanneurs de Fès

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