Les Vietnamiens ne demandent pas « As-tu faim ? » mais « As-tu mangé le xôi ? » (nom du riz gluant) Tous les matins ou presque, on commence par nourrir les ancêtres et les Dieux. Devant l’autel posé sur le sol, on dépose des fruits et du riz. Une fois les Protecteurs nourris, on distribue la nourriture ainsi bénie à son entourage ou aux visiteurs.
Les gens mangent à longueur de journée tout en discutant de ce qu’ils mangent. Il n’y a pas de peuple plus attaché à la nourriture. Tout doit être harmonieux dans la préparation des plats. Les saveurs et les couleurs se marient grâce au vert des herbes, au jaune du curcuma et surtout au rouge du piment. La coriandre, les pouces de soya, le kumquat (petit citron vert), la badiane parfument les plats.
La cuisine de rue fait partie du quotidien. On y mange le bun cha, un plat de porc grillé ou mariné accompagné de bouillon ou de la sauce nuoc-mam, de vermicelles et d’épices. Les fruits sont mangés verts, pauvres en sucre, et agrémentés de piment pour pallier la fadeur comme la mangue, le fruit du jacquier ou le fruit du dragon à l’odeur particulière. On ne laisse jamais murir les choses.
Dans certaines occasions on mange le cobra. Le cœur pour les enfants et le cerveau pour les anciens. Toutes les parties du serpent sont mangeables…
La cuisine vietnamienne est l’une des plus délicieuses.
Pour cette raison mais aussi pour d’autres, ce pays est une destination de choix pour un premier voyage en Asie.

